iMorph: Un logiciel au cœur de la matière

Nom: 
VICENTE
Prénom: 
Jérôme
Fonction: 
Enseignant- Chercheur

iMorph est un logiciel de visualisation 3D mis au point par Jérôme Vicente et Emmanuel Brun, chercheurs à l’IUSTI qui permet de comprendre l’impact de la structure des matériaux poreux (sols, mousses, composites, os…) sur leur capacité à structurer les écoulements et à échanger l’énergie. Ses applications possibles sont nombreuses que ce soit pour le traitement des déchets nucléaires ou encore pour à terme mieux comprendre des maladies osseuses comme l’ostéoporose.

Jérôme Vicente est enseignant chercheur à l’IUSTI (Institut Universitaire des systèmes Thermiques Industriels), dans l’équipe « Intensification des transferts». En 1999, il réalise une thèse industrielle à l’IUSTI et développe un détecteur de feu de forêt par traitement d’image pour reconnaitre une fumée et envoyer une alarme, qui a été appliqué notamment au Portugal, et a fait l’objet d’un dépôt de brevet.

L’aventure iMorph, elle, commence il y a plus de 15 ans, au début des années 2000 : l’idée est alors de créer un logiciel de visualisation 3D afin de comprendre l’impact de la structure des matériaux poreux (sols, mousses, composites, os…) sur leur capacité à structurer les écoulements et à échanger l’énergie.

IMorph voit ainsi le jour en 2009 après 8 ans de développement, ce logiciel Open Source d’imagerie 3D co-créé avec Emmanuel Brun, chercheur à l’Inserm, se veut généraliste, accessible à des non connaisseurs.

Aujourd’hui, son projet baptisé «Gigaquant» est à un tournant : « Au départ on était un gars ou deux, avec une idée novatrice. Aujourd’hui il y a de la concurrence, avec Avizo, qui est un gros logiciel de traitement d’image spécifique, mais qui demande beaucoup de formation pour pouvoir l’utiliser ».A l’heure actuelle la problématique est celle des volumes à traiter, de plus en plus gros, avec une résolution toujours plus haute, et qui nécessite plus que de simples calculateurs de bureau. L’idée est alors d’utiliser le logiciel en « version clusterisée » afin de pouvoir l’intégrer à de gros serveurs de calcul, et à terme créer un cloud permettant par exemple aux laboratoires de chimie et de biologie qui ne disposent généralement pas de machines dédiées de faire du « calcul déporté » et de les aider à traiter leurs images plus rapidement. Dans cette optique de développement, Jérôme s’est entouré de deux sociétés, ReactivIP et Digisens (librairies d’images informatiques).

Cette année, le projet Fui Gigaquant destiné au transfert de la recherche vers l’industrie permet de financer deux ingénieurs à plein temps pendant 2 ans, une formidable aubaine. Le logiciel sera professionnalisé et son utilisation mieux maitrisée : « Même si la version Open source va demeurer et même s’améliorer, on pourra développer une version payante qui intégrera les équipements des partenaires, en faisant payer l’heure de calcul par exemple ! »

Des applications… illimitées

Pour comprendre l’intérêt d’iMorph, il suffit de jeter un œil à son champ d’application possible :

-En 2015, un module est rajouté pour comprendre les propriétés thermo radiatives et designer des absorbeurs solaires, en optimisant la géométrie pour concentrer les rayonnements.

 - Il est possible de quantifier la perméabilité des argiles pour le stockage des déchets nucléaires

-L’étude de la structure des mousses est utile dans le domaine des absorbeurs de choc ou encore pour des échangeurs de chaleurs ultraperformants.

-Dans le secteur médical, les espoirs sont grands : un tel logiciel pourrait aider à diagnostiquer l’ostéoporose en utilisant un IRM très puissant, dont Aix-Marseille Université est équipé, le 7tesla.

« Nous sommes à deux doigts de la valorisation clinique ! A la fédération des laboratoires de mécanique de Marseille, nous disposons depuis peu d’un microtomographe à très haute résolution, qui agit comme un scanner mais à une échelle beaucoup plus précise. Nous travaillons en synergie avec le CRMBM (Centre de Résonance Magnétique Biologique et Médicale) de la Timone et l’ISM (Institut des Sciences des mouvements) de Sainte Marguerite pour pouvoir étudier les structures osseuses toujours plus précisément, de l’ordre du micromètre ». Ces travaux s’insèrent dans le cadre du financement d’une thèse internationale DOC2AMU (programme Marie Sklodowska-Curie (MSCA), H2020) obtenue cette année.

Jérôme conclut : « j’ai eu envie de valoriser les projets de recherche et de les encapsuler dans ce logiciel, de faire sortir les connaissances des laboratoires. C’est un projet de longue haleine, il faut être très patient, que ce soit pour réunir les fonds ou développer les algorithmes et les solutions techniques. Cela demande beaucoup de résilience de la part des chercheurs, mais le jeu en vaut la chandelle quand on s’aperçoit des impacts possibles pour la société ! »

En savoir plus : http://www.imorph.fr/

 

Publié le: 
Mardi, 3 juillet, 2018

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